Programme d’aménagement de la Plaine Chabrier projet d’ECO-CITE (propositions des Verts)-

L’urbanisme écologique est une nouvelle façon d’appréhender le rapport de l’urbain à la nature, mais en la matière, la France (et de surcroît la Réunion) est quelque peu à la peine. Pour rattraper ce retard, de nombreux projets dont un à la Réunion, sont en cours et font partie des propositions du Grenelle de l’environnement.

A – globalement

Nous avons parcouru l’étude programme de la première éco-cité de l’île et nous, élus EELV, militants, ne pourrons que nous réjouir de voir ce projet prendre forme tellement celui-ci répond dans les grandes lignes aux attentes écologiques.

B – positions / suggestions / différents aspects de ce programme

1 – vers une mobilité plus écologique

  1. Transports

Globalement, le programme d’aménagement de la Plaine Chabrier respecte le concept d’éco quartier qui vise à décourager les transports motorisés polluants, en privilégiant et facilitant le « transport vert » ou « doux » dont notamment la marche et le vélo. Il est ici, en plus, favorisé par une pente douce et un dénivelé peu chaotique.

Ce projet fait fortement appel aux transports en commun et à l’intermodalité. Actuellement la zone nord (ZAC de Cambaie) est déjà très bien desservie par les transports collectifs, urbains et interurbains, et nous souhaitons qu’il en soit ainsi pour la zone que nous voulons aménager.

En Europe, certains éco-quartiers ont quasi totalement banni la voiture sauf dans le cas d’un système de voitures partagés. Nous pensons que nous pourrions associer un système d’autolib (et vélib). Ce système, qui comprendrait des automobiles en location pour une modique somme et des stations bien situées, constituerait une véritable révolution.

  1. Franchissement de l’Etang

Alors que le plan évoque la construction d’un énième et unique ouvrage pour franchir le cours d’eau, nous pensons qu’il conviendrait d’utiliser au mieux le pont métallique situé en aval, qui servait jadis pour le RAIL. Nous pourrions l’utiliser de façon à ce qu’il favorise les cyclistes et les piétons (comme c’est le cas aujourd’hui), mais aussi qu’il puisse favoriser, dans la mesure de ses possibilités, des modes de transports en commun et ce pour désengorger le pont près de la RN1 et pour ne pas avoir l’obligation de construire un nouveau pont. Concernant le pont de l’Etang, si rien ne se fait à l’échelon régional, il conviendrait de privilégier un TCSP avec une nette préférence pour le RAIL.

Pour résumer, nous souhaitons :

  • Système de voitures partagées
  • Une réflexion sur le franchissement de l’Etang

2 – les habitants :

  1. quid des études ethnologique, économique et sociale ?

Dans le cadre de ce programme, à la différence de la ZALM de Trois-Bassins, aucun cabinet n’a été sollicité pour effectuer une étude ethnologique, sociale et économique. Il est vrai que la zone où il est prévu d’ériger les lieux de vie, est actuellement quasiment dénuée de population et que les quelques habitations existantes sont plutôt situées en périphérie ou en dehors de la délimitation. Donc, à priori, aucune population existante qui pourrait être le support d’une étude sociologique.

Pourtant on sait que les villes nouvelles qui se créent avec des gens qui viennent d’un peu partout, génèrent une vie sociale particulière. Il conviendrait donc de produire une étude sociologique sur la façon dont s’est fait l’amalgame dans des lieux comme Plateau Caillou.

Il faut aussi prendre en compte le phénomène d’appréhension sociale sachant que l’individu a toujours tendance à se fondre dans son quartier, par implication qu’il a avec lui ou par l’appropriation spatiale qu’il développe en y habitant.

Pour résumer, nous souhaitons :

  • Une étude sociologique.

  1. participation– gouvernance interne sur un mode participatif

La participation des habitants doit s’établir très en amont du projet. En prenant ainsi part à la conception de leur futur lieu de vie, les habitants sont incités à respecter les principes de fonctionnement

Cette éco-cité ne sera pas une agglomération ordinaire. Elle aura un type de fonctionnement, un principe écologique… Les nouveaux habitants devront s’en imprégner et respecter des règles que l’on ne trouve pas forcément ailleurs. L’éducation environnementale est donc incontournable et doit se poursuivre tout au long de la vie du site, car sa population serait amenée à se renouveler sans cesse.

Il faut donc d’ores et déjà songer à une instance, dans ce quartier, qui aurait pour vocation d’aider les nouveaux habitants à appréhender leur nouvel espace. Il s’agirait d’une gouvernance interne au quartier sur un mode participatif.

Par corrélation avec des villes pilotes en Allemagne (Fribourg) et en Suède (Malmö) où il a été assez compliqué de faire participer les habitants au tout début, nous savons que la tâche ne sera pas aisée pour la Réunion.

Pour résumer, nous souhaitons :

  • Une instance ayant pour vocation d’aider les nouveaux habitants à appréhender leur nouvel espace ;
  • Une éducation environnementale permanente.

3 – Aménagement du front de mer en évitant le béton

La bande d’inconstructibilité d’une largeur de 150 mètres est-elle suffisante ou pas, compte tenu des houles ? Quoi qu’il en soit, il semble important de conforter la dune, de maintenir le cordon dunaire en y apportant le moins de béton possible voire pas du tout.

Nous avons songé à un récif artificiel, idée qui aurait déjà été émise par le comité de pêche. Il pourrait être réalisé à partir de scories ou de pierres végétalisées.

Le programme évoque un lagon artificiel : un lagon artificiel est-il écologique ou non ? Par ailleurs, si les familles, les enfants, pourraient effectivement y trouver leur compte, ce nouvel espace générerait, par son pouvoir attractif, du passage, de la circulation qu’il faudra bien circonscrire.

Il faut privilégier les végétations originelles ou les végétations en rapport avec les biotopes particuliers du site.

Pour résumer, nous souhaitons :

  • Consolider le cordon dunaire, privilégier les végétations originelles…
  • Une réflexion écologique approfondie sur les aménagements possibles du front de mer.

4 – Un nouveau lieu de vie

Les points forts du projet :

  • jardins familiaux (mentionnés dans le programme P 30, p37)
  • des espaces végétalisés au bas des immeubles (p30)
  • espaces aménagés / sociabilité (p30)
  • trame verte (p30)
  • agora (p30)

idées émises par le groupe de travail :

  • arbres à palabres
  • kiosques, amphithéâtres, podium, semi ou complètement végétalisés
  • animation : théâtre de rue

5 – Réflexions autour du modèle de consommation

Sur le plan apparaît une zone « pôle commercial régional » alors qu’il existe de l’autre côté de la rivière des Galets, une grande surface tournant à plein régime et à 5 mn au sud, celle de Saint-Paul. Les militants EELV ne souhaitent pas une énième grande surface alimentaire de type hyper, car on serait encore dans l’esprit de consommation de masse, qui accentuerait une distribution de produits d’importation au détriment d’une production locale.

Nous souhaiterions privilégier l’installation de petits détaillants, une centralité qui ne serait pas « absorbée » par un hyper…. D’autant plus qu’une grande surface en position de force dans ce secteur, peut avoir un impact réel sur la hausse des prix au niveau local. A la rigueur, une GSS, grande surface spécialisée, pourrait avoir ce rayonnement régional sans que cela ne perturbe les petits commerces.

NB : les livraisons à domicile par le biais d’internet ont le vent en poupe actuellement, cela pourrait avoir une incidence dans notre façon de consommer et de nous déplacer pour nous approvisionner, dans les prochaines années.

Cette éco-cité doit garder cette idée de réduction des distances et de zonage multifonctionnel

Pour résumer, nous souhaitons :

  • favoriser les petits détaillants / grande surface alimentaire de type hyper ;
  • Favoriser l’écoulement de la production locale ;
  • Limiter les déplacements pour s’approvisionner.

6 – Réflexion à propos des immeubles d’habitations

Des immeubles R+9 à forts impacts visuel seraient bâtis au centre, et seraient entourés d’immeubles R+5. EELV a bien souvent critiqué les trop grands immeubles notamment parce qu’à partir d’une certaine hauteur, ils ne seraient plus autonomes sur le plan énergétique. Ces immeubles répondraient-ils alors aux exigences d’un éco-quartier ? A partir de quelle hauteur ces immeubles seraient énergivores ?

Pour résumer, nous souhaitons :

  • Une réflexion sur la hauteur des immeubles (impact visuel, consommation d’énergie).

7 – Déchets

Sur la question des déchets, nous avons constatés que la gestion des déchets est relativement bien pensée, en prévoyant des plans d’élimination des déchets ménagers et d’actions de réduction à la source. Cependant trois remarques :

  • Aujourd’hui, nous remarquons que le traitement des eaux usées n’est pas divisé en deux (eaux grises et eaux noires), comme cela se fait ailleurs en Europe. Sur le plan réglementaire, il semble que cela ne soit pas autorisé en France et à la Réunion, ou tout du moins sans traitement.

  • Il faut profiter de l’occasion pour expérimenter la collecte de déchets, au kilo, pesée embarquée, malgré la présence des déchetteries car on sait que les gens garderont toujours de mauvais réflexes.

  • On ne parle pas assez de la gestion des déchets infectieux, tels que pansements, seringues… pouvant infecter un tas d’ordure. Préconisation : collecte chez le pharmacien ou l’infirmière de ces déchets.

8 – Divers aménagements

Le plan prévoit l’implantation, à terme, d’un certain nombre d’écoles et de collèges, accompagnés d’équipements sportifs. Comprennent-ils une piscine pour l’apprentissage de la natation  ? Ou alors est-il question de fondre cet équipement avec un centre aquatique (ce qui ne serait pas tout à fait la même chose) ?

9 – Projet d’extraction de granulat, un certain dilemme

La plaine Chabrier, qui se caractérise par un empilement de niveaux sédimentaires (alluvions fluviatiles plus ou moins grossiers, imperméables à une certaine profondeur) est une source de matériaux de construction non négligeable compte tenu des projets réunionnais et notamment du projet d’éco-cité. Aussi, Lafarge Granulat Beton Réunion, a porté devant les élus de Saint-Paul un projet d’exploitation de carrière à cet endroit. La commune a émis un avis défavorable en raison du timing d’exploitation et des contraintes techniques (nuisances sonores, poussières, stockage) et réglementaires (le règlement de cette zone interdit l’exploitation de carrière).

Compte tenu de ces paramètres et des besoins, doit-on permettre l’exploitation de granulat dans la perspective de la construction de cette « ville » nouvelle ?

Pour tout résumer, nous souhaitons :
  • une réflexion sur un système de voitures partagées ;
  • une réflexion sur le franchissement de l’Etang ;
  • une instance ayant pour vocation d’aider les nouveaux habitants à appréhender leur nouvel espace ;
  • une éducation environnementale permanente ;
  • consolider le cordon dunaire ;
  • une réflexion écologique approfondie sur les aménagements possibles du front de mer ;
  • favoriser l’installation de petits détaillants plutôt qu’une grande surface ;
  • favoriser l’écoulement de la production locale ;
  • limiter les déplacements pour s’approvisionner ;
  • une réflexion sur la hauteur des immeubles (impact visuel, consommation d’énergie) ;
  • une piscine pour l’apprentissage de la natation
  • trouver une solution au dilemme carrière et besoins en matériaux de construction.
 Les élus EELV et militants de l’ouest
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Une réponse à “Programme d’aménagement de la Plaine Chabrier projet d’ECO-CITE (propositions des Verts)-

  1. Bonjour EELV,
    Dans vos réflexions :
    • n°2, vous évoquez des études ethnologiques, économiques et sociales…
    • n°6, vous redoutez l’impact visuel de la hauteur des immeubles (R+9 en son centre et R+5 en périphérie)…
    Il me semble que de 1974 jusqu’à 1999, ceux qui pénétraient Saint-Paul voyaient de suite le système de radionavigation Oméga d’une hauteur totale d’environ 427 mètres.
    Si on se réfère à cette page historique de Cambaie, la grande hauteur des immeubles peut y trouver une justification. De plus, si à l’instar de l’unité d’habitation de Marseille (Cité radieuse) de Le Corbusier, ces futurs I.G.H abritent équipements publics, services commerciaux et logements, alors l’économie énergétique des déplacements horizontaux compensera largement les dépenses énergétiques de l’immeuble.

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